Patrick Bouchain et Charlotte Malterre Barthes (du Harvard Graduate School of Design) retrouvent Nagy Makhlouf le 5 mai à 18h00 pour une conversation autour de l’Architecture, la loi et le pouvoir (d’agir, de s’engager).

Cette conversation s’inscrit dans « Surrounded by a Fog of Virtual Images » [Entourée par un brouillard d’images virtuelles], une série de séminaires de recherche présentée par ALICE de L’École d’Architecture de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne 

Date:  le mercredi 5 mai à 18:00

Rejoindre l’évènement: https://www.facebook.com/events/509298626741764

Présentation du Séminaire 04 — Architecture, law, capacity [traduit de l’anglais] :

La théorie de l’évolution définit le vivant comme l’interaction entre un organisme et un milieu qui conditionne son activité. Pour le philosophe John Dewey, l’espèce humaine transforme son milieu en fonction de ses besoins et désirs grâce à la construction d’une intelligence collective, par laquelle elle expérimente et délibère sur ses fins et moyens. Cette définition donne le fondement d’une démocratie renouvelée comme principe d’organisation de la vie collective, indissociablement biologique, spatiale et sociale, où l’architecture et le droit sont des pratiques expérimentales et participatives.
La relation entre droit et architecture conditionne notre capabilité, c’est-à-dire l’ensemble de ce que nous pouvons faire du milieu matériel dans lequel nous vivons, de nos moyens de vie. La loi existe à travers l’architecture : elle matérialise une frontière et définit la limite d’une propriété, qu’elle soit d’usage, foncière, lucrative, immobilière ou mobilière ; elle doit soutenir l’expérimentation et se confronter à l’évolution des modes de vie. Elle doit faire de l’organisation du milieu – extraction, conception, construction, utilisation, ré-emploi, démolition – une pratique indispensable à une vie démocratique, qui soutient notre participation et notre responsabilité, de l’échelle du logement à celle de l’infrastructure. 
Aujourd’hui, la politique néolibérale organise le milieu comme la condition d’une économie mondialisée, définie comme la fin indiscutable de l’évolution biologique, et matérialisée par des pratiques d’extraction et de construction post-coloniales. Le néolibéralisme transforme le droit en une réglementation technique, et impose une division autoritaire entre des architectes “experts” et une « masse » d’habitants à gérer dont il nie la participation. Dans ce contexte, il est nécessaire de construire un cadre d’action à travers lequel saisir le pouvoir de l’architecture et du droit, pour agir sur les causes et les effets de la catastrophe démocratique et écologique que nous traversons, et pour inventer une autre politique de la vie et des vivants. »