Les locomotives du lien social

Les locomotives du lien social

Les locomotives du lien social

Janvier 2020
La première rencontre publique de La Preuve par 7 à Lunel a été l’occasion de se réunir devant l’ancienne gare, afin de faire réfléchir les participants au devenir du bâtiment à travers un thème choisi. Les habitants ont débattu autour de la question du lien social en compagnie de quatre invités, engagés dans l’action sociale. Cette réunion a été un moment d’échange et de débat. Des activités artistiques et culturelles ont également été proposées et ont permis de créer des interactions conviviales propices au développement d’idées nouvelles.

par La Preuve par 7 | Nasser Raïs, Pascal Obiols, Frédéric Fonton, Melika Morsli, Pascal Brunet et Jacques Garnier

Les locomotives du lien social

Séminaire, Accueillir en Ville

Séminaire, Accueillir en ville – Cause Commune

15 janvier 2020

Au cours de ce séminaire, l’association Aurore, Plateau urbain et l’agence Intercalaire discutent de la capacité d’accueil et d’hospitalité des lieux tiers et hybrides émergents en ville.

La mise à l’abri est une compétence de l’Etat en France qu’il faut défendre. Cependant, la vision selon laquelle personne ne doit être laissé à la rue n’est pas encore une réalité. À l’heure où les métropoles sont plutôt synonymes de rejet que d’accueil, à l’heure où les espaces publics multiplient les dispositifs de rejet, à l’heure où des discriminations de toutes sortes entravent l’accès à des locaux d’habitat ou de travail, à quel niveau d’hospitalité se situent ces lieux tiers et hybrides émergents ? Comment faire hospitalité en ville ?

Ces lieux, fantasmés comme étant accueillants, supposent différents objectifs, manières, objets d’accueil. L’hospitalité ne relève pas seulement d’un lieu, cela relève des humains portant l’envie de le partager. Dans ce séminaire, il est question d’inconditionnalité de l’accueil, du rapport aux politiques publiques, de confiance en l’autre, du temps cours au bénéfice d’une vision à long terme, des normes contraignantes d’un lieu pérenne contre celles du temporaire, de la place de l’imprévu au service de la vie en commun, de programmation ouverte, de dit « lien social »…

par Cause commune | Plateau Urbain, association Aurore, Agence Intercalaire

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Séminaire « Métamorphoses et devenirs des lieux-tiers » #3

Séminaire « Métamorphoses et devenirs des lieux tiers ». #3 – Patrick Bouchain et Gilles Clément

4 décembre 2019

« ‘Qu’est-ce que le Tiers paysage ? – Tout. Qu’a-t-il fait jusqu’à présent ? – Rien. Qu’aspire-t-il à devenir ? – Quelque chose.’ C’est ainsi que Gilles Clément nous invite à penser, dans le manifeste du Tiers paysage, les « fragments indécidés du jardin planétaire », c’est-à-dire les « marges », les « espaces indécis », les « friches », « l’ensemble des lieux délaissés par l’homme », des bribes de paysage qui constituent des territoires de refuge à la diversité.

La séance du mercredi 4 décembre a pour objet de continuer à filer cette métaphore et à confronter cette idée du Tiers paysage comme lieu d’invention d’une alternative politique.

Comment la notion de tiers paysage peut-elle nous éclairer sur les délaissés urbains dans lequel naissent et croissent les lieux tiers ? Comment ériger la nécessité biologique du Tiers paysage défendue par Gilles Clément en nécessité politique, dont les lieux tiers, objet du séminaire, semblent de plus en plus investis ?

Laisser ce qui est déjà-là s’exprimer, ouvrir la programmation, révéler la marge…, comment dans la production de la ville, œuvrer pour la conservation de lieux indécidés et non programmés ? Patrick Bouchain donne dans son travail une place centrale au déjà-là, et lui permet de croître. Il explore les possibilités de renouvellement des lieux, en partant de notre capacité d’action collective.»

→ Extrait du texte de présentation de l’événement par Mains d’Œuvres

par Patrick Bouchain et Gilles Clément | Métamorphoses et devenirs des lieux tiers

Les locomotives du lien social

PopPart, programme participatif de recherche avec les jeunes des quartiers populaires.

PopPart, programme participatif de recherche avec les jeunes des quartiers populaires – Marie-Hélène Bacqué

29 novembre 2019 / Théâtre de Gennevilliers / Deuxième journée d’étude de la Preuve par 7

Marie-Hélène Bacqué est une professeure en étude urbaine à l’Université de Nanterre, elle travaille notamment sur les transformations des quartiers populaires et sur la démocratie urbaine. Elle a participé à la mise en place d’un programme de recherche qui s’intitule PopPart : un programme participatif sur les quartiers populaires. « Depuis 2017, et ce jusqu’en 2020, on a travaillé avec des chercheurs dans des quartiers populaires sur dix villes différentes, ainsi qu’avec une dizaine de jeunes de chaque quartier. À partir d’outils vidéos, on va jusqu’à la réalisation d’un ouvrage participatif co-écrit ».

→ Pourquoi avoir mis en place ce programme participatif de recherche ?

« Les jeunes des quartiers populaires font l’objet de politiques publiques. Nous avions envie de proposer une autre manière de les impliquer. On voulait travailler d’une autre façon et partir de l’expérience que ces jeunes font de leurs quartiers ; quelles formes urbaines sont perçues, quel rapport à la capitale… Nous pensons que travailler sur l’analyse de son quotidien, c’est développer un imaginaire pour le futur. L’idée de la démarche est de mettre en avant ce droit à la recherche à travers une pratique innovante. Pour les chercheurs, ça amène à revoir certaines méthodes de travail : une difficulté importante, c’est d’être à la fois dans une posture participative et avoir du recul. Cette posture objectivante, on a essayé de la construire avec les jeunes. Pour nous, cela nécessitait d’apprendre à voir depuis leur point de vue et avec eux. Pour cet apprentissage, nous avons utilisé l’outil vidéo en proposant aux jeunes de faire des premiers montages. C’est un outil très appropriable, parfois plus que l’écrit. À titre d’exemple, un groupe de jeunes filles s’exprimait assez peu durant les ateliers, mais une fois la caméra en main, elles se sont mises à diffuser toute une série de messages.»

→ Quels sont vos retours d’expériences ?

«Être jeune dans un quartier populaire de Paris, c’est parfois plus difficile que dans un quartier de banlieue car on ressent moins la dimension collective. L’exercice premier était de travailler sur les mots et les lieux du quartier : les lieux dans lesquels on se sent bien. On a fait des ateliers non-mixtes et mixtes qui portaient sur le rapport aux autres dans le quartier. On a remarqué que les jeunes qui travaillaient avec nous ne sont pas du tout ‘enfermés’ dans leur quartier ; un « Grand Paris populaire » se constitue. On a ensuite réuni tous les jeunes ensembles, à l’École d’Architecture de la Villette. Sur 120 jeunes, on pensait que seulement une trentaine viendrait. Ils sont finalement tous venus. Ils étaient très contents d’avoir l’occasion de parler de leur quartier. Lors de cette journée, on a proposé de travailler ensemble sur certains mots. On leur a proposé le mot « engagement », ils ont préféré « gilets-jaunes ». Dans leur pratique, il y a énormément de formes d’engagements, divers et ponctuels. Les jeunes vont faire des maraudes auprès des réfugiés et des sans-abris. Certains jeunes ont d’ailleurs par la suite créés leur association pour ‘maîtriser’ leurs engagements.

Sans que ça soit prévu, ils nous ont sollicités pour travailler plus longuement ensemble. On a donc proposé un week-end d’écriture à Garchy, dans un lieu prêté par la municipalité de Nanterre. Avec un groupe de plus de 80 jeunes, nous avons à nouveau travaillé autour de mots choisis et d’autres apparus en cours de route. L’ensemble de ces mots et recherches constituera la trame d’un futur ouvrage, que nous publierons sous la forme d’un abécédaire.»

→ Quels enjeux votre démarche soulève-t-elle ?

«Faire de la participation représente un véritable défi pour les chercheurs car il s’agit d’ouvrir son protocole de recherche, de travailler dans la transparence. Cela pose aussi des questions sur les rapports de pouvoir. Comment mesurer une interaction entre une professeure de 60 ans et des jeunes ? Il existe des moyens de renverser ces rapports de pouvoir, mais ils se trouvent en différents endroits : entre jeunes, avec les éducateurs et les chercheurs,… Ce n’est pas forcément ce qui se passe autour de la table mais plutôt dans des discussions en « off » ; il faut savoir jouer avec ça et c’est très intéressant.

Comment aller ensemble jusqu’à la production d’une analyse ? Comment faire en sorte que chacun ait son rôle et que son type de savoir soit reconnu dans le processus ? Sous quelle forme ? Cet exercice est passionnant car il amène à repenser la manière de faire une recherche et cela pose de nouveaux enjeux collectifs. Par exemple, quand on produit un livre avec des jeunes, c’est plus compliqué de trouver la forme et mais aussi de trouver un éditeur».