Laboratoire du Dehors

Laboratoire du Dehors

Le Laboratoire du Dehors – Liliana Motta

Depuis 2009

« La nature en ville implique de nouveaux réflexes à l’égard du vivant et une conscience renouvelée de son utilité. C’est pourquoi, Liliana Motta crée en 2009 une recherche-action nommée le «Laboratoire du dehors». Elle reçoit depuis sa création le soutien du Ministère de l’Écologie pour l’élaboration et la réalisation de ce projet. L’objet du «Laboratoire du dehors» est d’apporter un regard transversal à la fois esthétique, culturel et scientifique sur notre patrimoine végétal, sauvage et cultivé et sur les relations qu’il compose avec nos sociétés et notre histoire. Son rôle est de favoriser les échanges entre les scientifiques de la recherche en écologie et les acteurs publics et usagers de la nature en ville. Il est aussi de sensibiliser le public, y compris les professionnels du paysage, à l’entretien différencié et au principe du développement durable. Enfin, cette recherche-action a pour but de faire rentrer le jardin écologique dans l’art des jardins. »

Liliana Motta est une artiste-botaniste qui travaille à la réhabilitation des plantes étrangères et leur adaptation à de nouveaux milieux. Elle exerce en tant que professionnelle, entre autres aux côtés de Patrick Bouchain depuis les années 2000. Elle prône l’expérimentation in situ et la réversibilité de ses interventions : faire confiance à l’improvisation pour composer avec l’existant et s’appuyer sur les relations entre les êtres vivants.

Retrouvez le dossier de présentation des projets menés par le Laboratoire du Dehors.

Et pour suivre toute leur actualité, c’est par ici !

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Expérimenter, c’est permis ?

Expérimenter c’est permis ? Mélanie Bouissière

2019

« Les multiples crises sociales, économiques et environnementales, menant à l’épuisement des ressources conduisent certains des architectes à repenser leur approche de l’acte de bâtir. En effet, le monde de la construction a été modelé par des événements historiques marquants. Notamment, la seconde guerre mondiale et l’avènement de l’ère industrielle ont entraîné une perte des savoir-faire par la disparition d’une grande partie des artisans. Le rétablissement des villes s’est alors opéré en utilisant le béton à outrance comme vecteur de reconstruction. Le monde du bâtiment, industrialisé, génère une production incommensurable de déchets et son impact sur l’environnement est considérable. Face à la crise écologique et aux récentes théories sur les risques d’effondrement de la civilisation industrielle, je prends conscience dès le début de mes études et à travers mes différentes expériences professionnelles, qu’en tant qu’architecte, nous pouvons nous engager dans la transition écologique. Il est à notre portée de devenir des acteurs actifs dans le changement de paradigme de la construction. »

Au travers de son mémoire, Mélanie Bouissière, s’interroge sur la manière dont l’expérimentation peut se développer dans le cadre de la maitrise d’œuvre. Agrémenté de nombreux exemples et de son travail aux côtés d’Encore Heureux, ce mémoire nous présente plusieurs formes d’expérimentations et les divers débats qui traversent cette notion.

Retrouvez l’intégralité du mémoire en téléchargeant son PDF !

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PopPart, programme participatif de recherche avec les jeunes des quartiers populaires.

PopPart, programme participatif de recherche avec les jeunes des quartiers populaires – Marie-Hélène Bacqué

29 novembre 2019 / Théâtre de Gennevilliers / Deuxième journée d’étude de la Preuve par 7

Marie-Hélène Bacqué est une professeure en étude urbaine à l’Université de Nanterre, elle travaille notamment sur les transformations des quartiers populaires et sur la démocratie urbaine. Elle a participé à la mise en place d’un programme de recherche qui s’intitule PopPart : un programme participatif sur les quartiers populaires. « Depuis 2017, et ce jusqu’en 2020, on a travaillé avec des chercheurs dans des quartiers populaires sur dix villes différentes, ainsi qu’avec une dizaine de jeunes de chaque quartier. À partir d’outils vidéos, on va jusqu’à la réalisation d’un ouvrage participatif co-écrit ».

→ Pourquoi avoir mis en place ce programme participatif de recherche ?

« Les jeunes des quartiers populaires font l’objet de politiques publiques. Nous avions envie de proposer une autre manière de les impliquer. On voulait travailler d’une autre façon et partir de l’expérience que ces jeunes font de leurs quartiers ; quelles formes urbaines sont perçues, quel rapport à la capitale… Nous pensons que travailler sur l’analyse de son quotidien, c’est développer un imaginaire pour le futur. L’idée de la démarche est de mettre en avant ce droit à la recherche à travers une pratique innovante. Pour les chercheurs, ça amène à revoir certaines méthodes de travail : une difficulté importante, c’est d’être à la fois dans une posture participative et avoir du recul. Cette posture objectivante, on a essayé de la construire avec les jeunes. Pour nous, cela nécessitait d’apprendre à voir depuis leur point de vue et avec eux. Pour cet apprentissage, nous avons utilisé l’outil vidéo en proposant aux jeunes de faire des premiers montages. C’est un outil très appropriable, parfois plus que l’écrit. À titre d’exemple, un groupe de jeunes filles s’exprimait assez peu durant les ateliers, mais une fois la caméra en main, elles se sont mises à diffuser toute une série de messages.»

→ Quels sont vos retours d’expériences ?

«Être jeune dans un quartier populaire de Paris, c’est parfois plus difficile que dans un quartier de banlieue car on ressent moins la dimension collective. L’exercice premier était de travailler sur les mots et les lieux du quartier : les lieux dans lesquels on se sent bien. On a fait des ateliers non-mixtes et mixtes qui portaient sur le rapport aux autres dans le quartier. On a remarqué que les jeunes qui travaillaient avec nous ne sont pas du tout ‘enfermés’ dans leur quartier ; un « Grand Paris populaire » se constitue. On a ensuite réuni tous les jeunes ensembles, à l’École d’Architecture de la Villette. Sur 120 jeunes, on pensait que seulement une trentaine viendrait. Ils sont finalement tous venus. Ils étaient très contents d’avoir l’occasion de parler de leur quartier. Lors de cette journée, on a proposé de travailler ensemble sur certains mots. On leur a proposé le mot « engagement », ils ont préféré « gilets-jaunes ». Dans leur pratique, il y a énormément de formes d’engagements, divers et ponctuels. Les jeunes vont faire des maraudes auprès des réfugiés et des sans-abris. Certains jeunes ont d’ailleurs par la suite créés leur association pour ‘maîtriser’ leurs engagements.

Sans que ça soit prévu, ils nous ont sollicités pour travailler plus longuement ensemble. On a donc proposé un week-end d’écriture à Garchy, dans un lieu prêté par la municipalité de Nanterre. Avec un groupe de plus de 80 jeunes, nous avons à nouveau travaillé autour de mots choisis et d’autres apparus en cours de route. L’ensemble de ces mots et recherches constituera la trame d’un futur ouvrage, que nous publierons sous la forme d’un abécédaire.»

→ Quels enjeux votre démarche soulève-t-elle ?

«Faire de la participation représente un véritable défi pour les chercheurs car il s’agit d’ouvrir son protocole de recherche, de travailler dans la transparence. Cela pose aussi des questions sur les rapports de pouvoir. Comment mesurer une interaction entre une professeure de 60 ans et des jeunes ? Il existe des moyens de renverser ces rapports de pouvoir, mais ils se trouvent en différents endroits : entre jeunes, avec les éducateurs et les chercheurs,… Ce n’est pas forcément ce qui se passe autour de la table mais plutôt dans des discussions en « off » ; il faut savoir jouer avec ça et c’est très intéressant.

Comment aller ensemble jusqu’à la production d’une analyse ? Comment faire en sorte que chacun ait son rôle et que son type de savoir soit reconnu dans le processus ? Sous quelle forme ? Cet exercice est passionnant car il amène à repenser la manière de faire une recherche et cela pose de nouveaux enjeux collectifs. Par exemple, quand on produit un livre avec des jeunes, c’est plus compliqué de trouver la forme et mais aussi de trouver un éditeur».

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Concevoir un écoquartier autrement à Orléans

Concevoir un écoquartier autrement à Orléans – Magali Tran

Avril 2019

Le 17 avril, le ministère de la cohésion des territoires a dévoilé le nom du grand prix de l’urbanisme 2019. L’architecte Patrick Bouchain se voit récompensé notamment pour son travail sur la valorisation des friches industrielles dans une dimension culturelle. Adepte de l’expérimentation, il a mis en place la démarche :  « La Preuve par 7 ». Celle-ci entend faire la démonstration qu’il est difficile d’appliquer la même loi et le même règlement en matière d’architecture et d’urbanisme partout sur le territoire, sur des projets de taille différente. Cet article se centre sur le cas du quartier des Groues à Orléans et la réflexion autour de l’aménagement d’un concept particulièrement normé : l’écoquartier. 

Retrouvez l’intégralité de l’article ICI !

 

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La proximité est indéniablement devenue rassurante, appréhendable

La proximité est indéniablement devenue rassurante, appréhendable – News Tank Cities

Janvier 2019

« La question de la place de chacune et de chacun au sein d’une société, dans un territoire et plus largement du sentiment d’appartenance à une communauté unique ou fragmentée est posée. […] Une chose est certaine : opposer les uns aux autres, jouer la provocation pour asseoir une autorité ou pour fédérer ceux auxquels on s’adresse plus prioritairement au risque de laisser les autres dans leur posture, a, ces dernières années, toujours entraîné une réaction immédiate et parfois violente. Une autre approche ne devrait-elle pas, dès lors, partir de ce qui rassemble, de ce que l’on peut appeler le commun, en prenant pour point d’ancrage des projets de territoire, quelle que soit leur échelle. »

Vous trouverez l’article complet de Patrick Bouchain et Sophie Léron → ici